mardi 20 décembre 2016

Révolutionnaire de gauche ou évolutionnaire de droite ?

Non, non, il n'y a pas d'erreur. J'ai bien écrit "évolutionnaire".
On me dit pourtant assez souvent que je ne manque pas d'air, mais cette fois, c'est plutôt le contraire.
Bon OK, cette fois encore, je n'ai rien inventé, car même si le terme n'apparaît pas souvent sur le web, il a quand même déjà été évoqué.
Que signifie-t-il pour moi alors ?
Et bien aussi loin que je puisse me souvenir, cela date de l'époque où j'ai vu ce que pouvaient faire les premiers ordinateurs personnels et les "consoles de jeux", qui se branchaient alors sur les téléviseurs avec la prise antenne (même la péritel n'existait pas encore - et oui, je suis si vieux que ça !).
J'avais alors environ 8 ans, et je me disais "Ce serait bien si j'en avais un"...
Après avoir fait le forcing sur mes parents, j'ai finalement réussi à en avoir un (le Texas TI99 4/A ;-).
Et depuis cette époque, à chaque fois que mon esprit ne fait rien, ou au contraire est confronté à un problème, je pense "Ce serait bien si...".
Il n'y a rien d'anormal à ça : Il est en effet dans la nature humaine de vouloir toujours plus et mieux, et c'est une bonne chose, car sinon nous en serions encore à l'âge de pierre.
Cette "recherche du mieux" est valable aussi dans la vie privée : souhait d'avoir une maison, une voiture, un téléviseur plus grand, plus d'habits, de chaussures (même quand ça en devient inutile).
La société de consommation à bien compris compris cela et continue de répondre à ce besoin à merveille (si nos ressources étaient infinies, ce qui n'est malheureusement pas le cas).

Mais dans le travail c'est différent.
Par crainte de sortir de leur zone de confort (ou simplement par fainéantise), beaucoup de salariés n'aspirent qu'à une chose : le statu quo
Ils craignent le changement des méthodes ou des outils de travail et les réorganisations de toutes sortes au point qu'ils ont inventé un (horrible) proverbe pour exprimer leur peur :
"Le mieux est l'ennemi du bien". 
Cela est encore plus vrai dans les grosses structures et donc aussi l'administration, où l'inertie due à la lourdeur du système rend plus difficile le changement et restreint l'impact des initiatives aussi bien que celui de l'inaction, encourageant plutôt ainsi cette dernière attitude.

(A noter que cela n'est malgré tout pas vrai pour certaines sociétés - comme Google, multinationale, mais agile - mais c'est vrai que nous sortons de l'hexagone...).
Mais il faut bien reconnaître que l'immobilisme a ses vertus :
D'abord, c'est reposant, puisqu'il n'y a rien a faire !
Ensuite, pas de questions à se poser non plus ! A quoi bon réfléchir à trouver une solution pour améliorer une situation, alors qu'il suffit simplement de la supporter encore quelques (dizaines d') années de plus pour être à la retraite ?
Enfin, pas de risques ! En ne proposant rien, on ne fait pas de pari sur l'avenir et donc sur l'inconnu. On "capitalise" sur le présent (LOL), et on ne sera pas tenu responsable des éventuels problèmes qui pourraient arriver si on avait l'idée folle de vouloir mettre en place un nouveau système.
Cette attitude conservatrice est particulièrement appréciée en France, et d'ailleurs ils l'ont plébiscité sous Mitterrand, lui permettant d'enchaîner deux mandats car il a eu l'intelligence de toucher à un minimum de choses...

La seule chose pour laquelle l'ensemble des salariés français sont unanimement d'accord pour accepter de voir évoluer, c'est leur salaire.
Inexorablement, comme si le simple fait de vieillir devait être forcément gratifié par une augmentation.
Et cela, bien sûr, sans rien faire de plus, sans rien changer.

Alors évidemment, quand un olibrius passe son temps à dire "Ce serait bien si...", à proposer quasiment instantanément des solutions simples et efficaces pour résoudre des problèmes qui n'en paraissent même pas pour les autres, inutile de dire qu'il est rapidement catalogué par la très grande majorité de ses collègues comme ce que l'on appelle un "empêcheur de tourner en rond"...
C'est un peu comme comparer une Formule 1 à sa version sur un manège d'enfant...



Car cette métaphore, qui en dit déjà beaucoup, ne s'arrête pas là.
Parce que si la sensation de vitesse et de faire la course en tête est agréable, elle pourrait devenir grisante et mal finir si l'accélération n'était pas maîtrisée...
En effet, telle une Formule 1 dont la seule limite de vitesse est finalement la capacité de son pilote à la contrôler, il faut éviter d'être "pied au plancher" sous peine de déraper au prochain virage ou de casser sa colonne de direction comme Ayrton SENNA...
Je surveille donc attentivement l'aiguille du compte-tours, même si des fois j'ai la désagréable sensation d'être bloqué dans un embouteillage monstre, au volant de ma voiture de course et de tous ces chevaux vapeur devenus complètement inutiles dans cette situation...

Et pour ceux qui seraient allés au bout de cet article, je vous offre une "définition graphique" de ce néologisme :








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