mercredi 3 juillet 2019

Surveillance de(s) masse(s), pour ou contre ?

Même si la réponse pourrait être évidente pour certains, mes lecteurs savent à présent que j'aime à regarder la réalité sous différents angles afin de prendre l'évidence par surprise.
Je ne ferai pas exception à la règle en discutant de cette question, à la fois particulièrement épineuse mais aussi terriblement d'actualité.

Ainsi lorsque l'on parle aujourd'hui du crédit social chinois récemment mis en place, tout le monde s'accorde pour dire d'une seule et béate voix : "C'est une honte".
Pourtant, en 2015, lorsque les gens apprennent grâce à Wikileaks que la chancelière allemande Angela Merkel, ses ministres et d'autres personnalités comme notre président de la République de l'époque, François Hollande, la protestation contre le système de surveillance global américain, Prism, est plus que mesurée.


Récemment, le Maire de Nice, Christian Estrosi, a décidé de tester la reconnaissance faciale sur les caméras de vidéosurveillance de la ville, que peu de personnes lui ont reproché d'avoir installé.
Plus au centre sur l'échiquier politique, le candidat à l'investiture des municipales de Paris pour 2020, Mounir Mahjoubi, propose quant à lui dans son programme de faire survoler les rues de la capitale par des drones à des fins de surveillance.

Alors, la surveillance de(s) masse(s), bien ou mal ?
Comme pour quasiment tous les sujets, rien n'est tout blanc ni tout noir :
La technologie et la puissance de traitement des informations par les ordinateurs modernes ont rendu capable l'analyse en temps réel des images et des conversations téléphoniques.
Ce n'est ni bien ni mal, c'est le progrès, aussi inéluctable que celui qui a permis le développement du génie génétique et l'avènement de ses incroyables possibilités.

Pourtant, la voix qui gronde dit sourdement : "C'est une atteinte à nos libertés !"
Cette "liberté chérie" "à la française" n'est pourtant aucunement menacée par une caméra, qu'elle soit posée en haut d'un feu rouge ou embarquée sur un drone, avec reconnaissance faciale ou pas :
Vous aurez toujours la liberté, la possibilité de faire du vélo dans le plus simple appareil sur les Champs-Élysées. Ce qui changera, c'est le temps au bout duquel vous serez arrêté par la police pour attentat à la pudeur.
Ce qui changera aussi, c'est le comportement incivil, voire anti-social, de certaines personnes dans l'espace public, au volant, à trottinette ou à pied, et ce grâce à l'aspect dissuasif de cette technologie.
Car rappelons-le, l'objectif de cette surveillance et de "pacifier" les relations entre les personnes dans l'espace public.
Ainsi, les lois de la République n'interdisent à personne de porter un niqab ou un casque de moto dans son appartement, mais elles le proscrivent dans l'espace public, "qui doit être vécu à visage découvert", pour le bien-être et la sécurité de tous.
Ce système n'a pas pour objectif d'installer des caméras chez tout le monde, mais simplement de surveiller l'espace public afin d'y éviter les comportements contrevenant à la loi et simplement au "bien vivre ensemble".
Peut-on alors dire que cette surveillance serait "néfaste" (à qui, à quoi ?), sous le prétexte fallacieux qu'elle serait "liberticide" (repenser à l'exemple du cycliste nudiste) ?

Mais qu'en est-il si cette surveillance est utilisée à de "mauvaises fins" ?
Il faudrait tout d'abord qualifier ce qui serait un "mauvais" usage de cette technologie (qui revient à se poser la question de ce qui est bien et de ce qui est mal) :
Un policier qui détourne son utilisation pour surveiller les allées et venues de sa femme qu'il soupçonne d'adultère, ou un état qui s'en sert pour empêcher des citoyens irrespectueux d'accéder à certains types de services ?
Qui serait le plus coupable ?
Qui demanderait aujourd'hui l'abandon du fichage S et de la surveillance des personnes présentant un danger potentiel pour notre nation et ses citoyens ?
Vous, qui êtes opposé à cette surveillance de(s) masse(s), au nom de cette "liberté" ?
Pas moi.

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