vendredi 9 novembre 2018

Métro-Fardeau-Dodo

Tel pourrait être le résumé rapide de la journée, difficile à vivre, d'un placardisé, dont je fais malheureusement partie...

Car même si la journée standard Métro-Boulot-Dodo du français moyen ne paraît à priori pas bien passionnante, il y a en son milieu environ 7 heures de travail.
7 heures pendant lesquelles on est normalement occupé et pendant lesquelles on ne voit pas spécialement le temps passer (lire mon article Le temps passe t-il vite ?).

Mais lorsque vous êtes au placard, quelle qu'en soit la raison, vous n'avez plus rien à faire - ou quasiment plus rien.
Alors oui, il est possible de s'occuper à des tâches personnelles, comme gérer ses finances sur le site de sa banque ou rechercher un nouveau papier peint pour la chambre de la grande chez Leroy-Merlin.fr.
Il est aussi possible de profiter de tous ces jeux en ligne ou sur mobile dont le succès est tel qu'on les retrouve même sur les téléphone des députés à l'Assemblée Nationale (et pourquoi pas au Sénat ? Parce que les sénateurs sont trop vieux, voyons !).

Mais la réalité est que pour ceux à qui il reste encore quelques neurones pour y penser, les journées sont vides, vides de sens, et elles se ressemblent toutes...
Car comme l'exprime bien David GRAEBER, qui a théorisé les "bullshit jobs", ou jobs à la con, dans lesquels les employés font, au mieux, des tâches inutiles à la société : "Ce que l'on fait 8 heures par jour a un impact sur les autres. Et si vous retirez ça aux gens, c'est comme s'ils mouraient de l'intérieur."

Alors on tient le coup.
On tient le coup parce que l'état de l'emploi en France n'est pas tel que vous pouvez retrouver un poste intéressant aussi simplement et aussi sûrement que ça ailleurs, surtout quand vous avez de l'expérience et un bon salaire.
Et cela est pire encore quand vous êtes fonctionnaire et que vous avez la sécurité de l'emploi, qui n'anime certes pas pour autant vos journées, mais qui vous assure plus ou moins de pouvoir être capable de finir de rembourser votre crédit maison, ce qui n'est pas vraiment négligeable malheureusement...

Comment alors faire autre chose qu'essayer de supporter, jour après jour, la situation ?
Pour ma part, j'ai trouvé ma motivation : Parler de ma souffrance au travail et travailler à faire condamner mon employeur pour cela.
Mais vu que je suis un zèbre et un idéaliste, comme me l'a dit mon avocat (c'était une insulte dans sa bouche), je ne souhaite pas m'arrêter là :
Je souhaite encore plus que tout que ma situation permette de lever le voile sur une pratique honteuse qui dure depuis des décennies, fait souffrir de nombreuses personnes dans notre pays et consume l'argent public, qui ne devrait définitivement pas servir à cela.

Si mon exemple pouvait servir à ceux qui souffrent comme moi de ne pas être employés à leur plein potentiel alors qu'ils sont pourtant payés pour cela, j'aurais alors simplement réussi à faire ma part.

To be continued...

mardi 30 octobre 2018

"Inemploiement" - encore un néologisme...

Inutile de chercher sur Google, vous ne le trouverez pas.
Inemploiement n'est pas la (mauvaise) traduction française de l'anglais "unemployement", qui signifie chômage en français.

L'inemploiement, c'est la situation douloureuse de tous ceux qui sont soi-disant employés dans des jobs à la con, comme les appelle David Graeber, et encore plus particulièrement le cas de tous ceux qui sont au placard, alors que certains d'entre eux ne demandent pourtant qu'à travailler et à se rendre utiles.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur http://jesuisauplacard.fr, et rendez-vous ici bientôt pour la suite...des hostilités...

mardi 21 août 2018

Pas fait pour la Fonction Publique ?

C'est ce qu'aurait répondu à ma chef notre DRH...
Pourtant, ma supérieure venait de lui expliquer à quel point elle me trouvait compétent et créatif, notre DRH s'étant réveillée de plusieurs années de torpeur grâce à la missive de mon avocat faisant état de ma placardisation...

A croire que personne n'a besoin de personnes compétentes et créatives dans la Fonction Publique, quasiment comme si c'était une tare, et que seuls y sont autorisées les personnes capables d’obéir sans réfléchir et de se contenter de faire, jour après jour, année après année, seulement ce qu'on leur demande....
Mais aussi d'accepter parfois sagement de ne plus rien faire, si on a mis à leur place l'ami d'un ami d'un élu par exemple...et je ne suis pas comme ça...

Je reconnais donc que si j'étais raisonnable, il me faudrait accepter cet état de fait et me dire que je ne suis pas fait pour la Fonction Publique.
Mais comme le dit G.B. Shaw : "L'homme raisonnable s'adapte au monde. L'homme déraisonnable s'obstine à essayer d'adapter le monde à lui-même. Tout progrès dépend donc de l'homme déraisonnable".

Je continue donc, obstinément, de penser que la Fonction Publique ne devrait pas être une pyramide bien taillée où l'on entasse des milliers de petits soldats au garde à vous, mais plutôt un creuset de compétences tout entier tendu vers l'amélioration du service au public.


Je n'ai quasiment aucune chance d'arriver à changer la donne à moi tout seul, mais si quelques bonnes volontés, puis l'opinion publique, m’emboîtaient le pas...les choses pourraient peut-être changer !
On peut toujours rêver, ce n'est pas (encore) interdit par la loi française !

vendredi 10 août 2018

Les (trop) grandes vacances

Est-ce un hasard si France rime avec vacances ?

Quoi qu'il en soit, ma vision particulière du temps qui passe m'amène à m'étonner, en cette période de "grandes vacances", à quel point les gens ont besoin de temps pour avoir l'impression de profiter de leurs vacances...


En effet, alors qu'une semaine de vacances (qui fait 9 jours rappelons-le, du vendredi de la semaine d'avant jusqu'au lundi de la semaine d'après), me suffit personnellement amplement pour bien ressentir l'absence de l'obligation d'aller au travail, il semble falloir à certains beaucoup plus : 2 semaines (soit déjà 16 jours consécutifs sans aller au travail !), 3, parfois même un mois entier !

Pourtant la semaine ordinaire est constituée de 5 jours non-stop de travail, suivis de 2 jours de repos.
Tout arrêt de plus de 2 jours devrait donc logiquement être perçu comme étant des "vacances" (ce qui est mon cas lorsque je me contente de prendre un vendredi pour rallonger le week-end).

Comment se fait-il alors que la majorité des personnes aient besoin de ne plus aller au travail pendant plusieurs semaines pour en ressentir le plaisir ?
Et je ne parle bien sûr pas ici des enseignants, qui passent 60 jours à la file sans travailler, soit le sixième d'une année !! (vous connaissez mon point de vue sur l'édulcoration nationale...)

Pour une fois, je suis bien heureux d'être différents des autres et ainsi de mieux profiter de mes vacances...
Il n'y a quand même pas que des désavantages à être a-normal !

mardi 10 juillet 2018

Être (seulement) un bon père ?

Comme souvent, j'ai une vision déformée de ce qui est bien et de ce qui l'est moins, à la fois de par mon hyper-compétence et de par ma volonté à toujours vouloir en faire plus et mieux (voir mon livre)...

Ainsi, je m'étais offusqué récemment lorsque ma femme a dit d'une connaissance commune qu'il était un "bon père" parce qu'il achetait des vêtements et des lunettes à son fils, qui vivait avec sa mère, à des centaines de kilomètres de lui.

J'avais fait cette fois un raisonnement "protonique", qui consiste à comparer les choses avec son propre point de vue, et je me trompais.
Oui, cette personne était bien un "bon père", dans le sens où la majorité des gens l'entendent, c'est-à-dire qu'il subvient aux besoins (primaires) de son enfant.

Mais pour moi, la barre de la satisfaction de bien faire ne se situe pas à 10 sur 20.
J'ai donc inventé cette petite citation pour traduire ma pensée :

"Pour être juste un "bon père", il suffit de donner de son argent pour ses enfants.
Pour faire mieux, il faut leur donner de son temps..."

La citation est encore en construction, je peux peut-être faire mieux ;-)

lundi 2 juillet 2018

L'hyper-compétence : une maladie orpheline ?

Tout comme l'hyper-activité est clairement pointée comme une pathologie qu'il faut soigner, l'hyper-compétence en est une autre.

Mais point de traitement pour celle-ci.
Si le malade en question n'a pas la chance de pouvoir lancer sa société et créer des produits innovants qui le rendront riche et célèbre tel Jobs, Niel ou Musk, ce dernier va se retrouver rapidement dans la peau de la brebis galeuse, de l'empêcheur de tourner en rond qu'il faut absolument éviter à tout prix d'intégrer dans un projet, quel qu'il soit.

En effet, sa capacité à s'intéresser à tous les sujets, sa vitesse de réaction et de compréhension des problèmes, et donc par là même sa compétence à les résoudre plus rapidement et plus efficacement que les autres, va rapidement le faire passer pour l'ennemi public numéro 1 :

Toutes ses actions vont ainsi, sans le vouloir, ridiculiser celles des anciens "dépositaires de la connaissance" qui vont se sentir attaqués sur leurs compétences, diminuées par la comparaison avec celles de notre hyper-compétent...
Cette instabilité soudaine du système, propagée de proche en proche par des acteurs en manque soudain de légitimité, pourrait aller jusqu'à sa propre remise en cause, ce qui n'est bien sûr aucunement souhaitable pour la majorité qui le compose.

La solution la plus efficace est donc de se passer des services et des conseils des hyper-compétents, afin de pouvoir brasser le maximum d'air entre gens de bonne volonté...

Toute ressemblance avec des situations ayant réellement existé ne seraient que le fruit du plus pur hasard...

lundi 11 juin 2018

Souvenir de vacances...des autres !

Qui d'entre nous n'a pas eu l'ineffable bonheur de recevoir un souvenir de vacances...qu'il n'a pas prises ?

Cette remarque vaut moins pour les cadeaux relativement "utiles" et "utilisables", comme une spécialité culinaire ou un habit pour enfant, que pour les bibelots bon marché en bois ou en céramique, qui n'auront dans le meilleur des cas qu'une seule destinée : prendre la poussière dans un endroit quelconque de la maison...
En effet, même si l'intention de départ est louable, qui a envie d'exposer un souvenir visant à se rappeler un voyage...qu'il n'a pas fait ? 

Ce comportement grégaire, à l'instar de celui qui oblige à faire des cadeaux de Noël qui n'intéressent personne et dont personne n'a besoin, est l'une des nombreuses attitudes que le groupe et les conventions forcent à avoir alors qu'elles sont pourtant sans intérêt, voire gênantes et même irritantes pour certains.


Alors la prochaine fois que vous aurez envie d'acheter un souvenir pour une connaissance ou pour la famille, mettez-vous à sa place quand il le recevra plutôt que de vous focaliser sur votre envie d'acheter et votre plaisir d'offrir !...